Nous, les étudiants soussignés, les anciens, les professeurs et les membres du public appelons tous les conseils et administrateurs des établissements d’enseignement du Canada à faire preuve de leadership face à la crise climatique en désinvestissant complètement tous les fonds d’investissement (p. Ex. Les fonds de dotation) de leurs institutions de l’industrie des combustibles fossiles et réinvestir dans des alternatives durables et justes d’ici 2025. Depuis 8 ans, les étudiants du monde entier demandent aux établissements d’enseignement de mettre fin à leurs investissements dans l’industrie principalement responsable de la crise climatique. Malheureusement, les établissements d’enseignement canadiens ont largement réagi avec négligence et retard, revendiquant un leadership climatique tout en propageant des demi-mesures et de fausses solutions.


Nous demandons aux établissements d’enseignement canadiens de répondre à toutes les demandes suivantes en consultation avec leurs groupes locaux de désinvestissement:


1. Se désinvestir du passé: s’engager immédiatement à se désengager totalement des entreprises impliquées dans l’extraction, le traitement et le transport de combustibles fossiles, et veiller à ce que tous les fonds soient réaffectés d’ici 2025. S’engager à entreprendre le désinvestissement d’autres industries nuisibles, y compris les fondations policières, les prisons privées, les fabricants d’armes et les entreprises qui violent le droit des peuples autochtones au consentement libre, préalable et éclairé (article 10 de la DNUDPA).
2. Rejeter les fausses solutions: reconnaître que l’incorporation de facteurs environnementaux, sociaux, de gouvernance (ESG), la simple réduction de l’investissement «empreinte carbone» ou «intensité carbone» et l’engagement des actionnaires sont des alternatives fondamentalement illégitimes au désinvestissement. Nous appelons les établissements d’enseignement à compléter ces pratiques insuffisantes d’investissement responsable par le désinvestissement total des sociétés de combustibles fossiles des portefeuilles d’investissement.
3. Investissez dans l’avenir: prenez un leadership significatif dans l’adoption d’une reprise juste au Canada en investissant 5% des actifs dans une économie juste et durable qui donne la priorité à la santé et au bien-être des gens et à l’aide économique pour les travailleurs et les collectivités.


Les établissements d’enseignement sont censés nous préparer à notre avenir. Au lieu de cela, ils financent activement leur destruction. En demeurant investis dans ces industries, les établissements d’enseignement canadiens choisissent de se tenir aux côtés des entreprises et de leurs modèles commerciaux exploiteurs contre  le bien-être des gens et de la planète. Il est temps que  les institutions canadiennes prennent  des mesures concrètes face à la crise climatique.


Nous reconnaissons qu’au moment de la rédaction du présent rapport, quelques de nos universités  ont déjà commencé à s’orienter dans cette direction, soit l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université Concordia et l’Université de Guelph qui se sont  engagées à désinvestir totalement des  combustibles fossiles. 


Se débarrasser du passé

La crise climatique fait des ravages dans le monde entier, exacerbant les événements météorologiques extrêmes, la pauvreté, les pénuries alimentaires, les migrations déplacements forcées, les conflits armés et autres catastrophes dans le monde. L’industrie des combustibles fossiles est le principal moteur de la crise climatique, ayant sciemment profité de l’extraction de combustibles fossiles pendant des décennies. Ils ont passé les cinq dernières décennies à investir des milliards de dollars pour tromper le public en jetant le doute sur la science climatique fondamentale et en faisant pression sur les gouvernements du monde entier contre une action climatique significative. Les établissements d’enseignement canadiens prétendent être à l’avant-garde du développement et de la recherche scientifiques de premier plan. Un investissement continu dans des industries qui entravent si manifestement ces efforts est un acte d’hypocrisie sans honte.



Afin d’éviter une catastrophe climatique irréversible, nous devons maintenir au moins 80% des réserves connues de combustibles fossiles dans le sol. Au lieu de réduire progressivement la production vers une trajectoire sûre, les entreprises de combustibles fossiles continuent de faire pression pour de nouveaux pipelines, de nouvelles mines, de nouveaux sites de forage et l’exploration de nouvelles réserves. La production mondiale de combustibles fossiles se dirige vers 50% de plus que ce qui est compatible avec 2 ° C de réchauffement par rapport aux niveaux préindustriels, et 120% de plus que 1,5 ° C d’ici 2030 – un désastre pour notre planète.


En moins d’une décennie, 1 244 institutions ont fait preuve de leadership moral en tenant tête aux plus grands criminels climatiques en désinvestissant plus de 14 billions de dollars des combustibles fossiles. Mais ils ont également fait un choix financier prudent. Les investissements dans les combustibles fossiles sont fondamentalement risqués et surévalués. Les risques structurels permanents pour le secteur des combustibles fossiles comprennent la hausse des coûts d’extraction, des prix du pétrole bas, voire négatifs, des sources d’énergie alternatives compétitives, des litiges, une opposition du public et le mouvement croissant de désinvestissement. En raison de la mauvaise performance des entreprises de combustibles fossiles, les dotations ont subi des pertes importantes pendant des années en ne se désengageant pas de cette industrie. BlackRock, l’une des plus grandes sociétés de gestion d’investissements au monde, a pris la décision de se désengager du charbon en 2019 après une perte estimée à 90 milliards de dollars due à des investissements continus dans les combustibles fossiles. Les portefeuilles qui éliminent les combustibles fossiles, en revanche, ont toujours obtenu des performances égales – sinon meilleures – que les portefeuilles qui ne l’ont pas fait. Les administrateurs universitaires de ces portefeuilles  ont le devoir fiduciaire de gérer les risques à long terme de la dotation. Investir dans les combustibles fossiles est une violation directe de ce devoir.


À l’échelle mondiale, les sociétés de combustibles fossiles constituent une industrie extrêmement puissante de plusieurs trilliards de dollars. Afin de faire la transition vers un avenir juste et durable, nous devons rompre l’emprise de l’industrie des combustibles fossiles sur nos institutions politiques, financières, éducatives, sociales et culturelles. L’acceptation passive de l’industrie des combustibles fossiles en tant qu’élément du statu quo lui a permis d’échapper à la responsabilité et d’opérer de cette façon incontestée. Nous comptons sur nos établissements d’enseignement pour exploiter leur autorité intellectuelle pour aider à supprimer la licence sociale de cette industrie. Les établissements d’enseignement canadiens tels que l’Université de Toronto, l’Université McGill et l’Université de la Colombie-Britannique ont beaucoup d’influence et sont tenus dans une profonde révérence par les Canadiens et les gens du monde entier. Le désinvestissement total de l’industrie des combustibles fossiles par ces institutions aiderait à envoyer un message clair, constant et sans excuse que nous devons révoquer le pouvoir de cette industrie qui depuis trop longtemps n’a pas été contrôlée.


Rejeter les fausses solutions

En juin 2020, l’Université de Toronto et l’Université McGill ont annoncé la charte Investir pour lutter contre le changement climatique, signée par 13 autres universités canadiennes, dans le but de signaler une action sur le changement climatique. La charte appelait les signataires à adopter des cadres d’investissement responsable en intégrant les facteurs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans leurs pratiques d’investissement, et à mesurer régulièrement l’intensité carbone des portefeuilles d’investissement avec des objectifs de réduction.


Cependant, en pratique, ces principes d’investissement agissent comme des échappatoires utilisées par les institutions  pour continuer à investir dans certaines des plus grandes sociétés de combustibles fossiles au monde. Quant aux notations ESG, il n’y a aucun niveau de standardisation ou régulation. Ainsi, les compagnies d’évaluation utilisent différentes méthodes et mesures, menant à des évaluations inconsistantes et contradictoires. Cela permet aux compagnies de prétendre qu’elles sont des leaders dans le domaine ESG tandis qu’elles n’adhèrent à aucun standard spécifique. Dans de nombreux cas, le score ESG d’une entreprise est calculé par rapport à son groupe de pairs industriels, ce qui signifie que des notes décentes peuvent être attribuées à une entreprise qui fonctionne simplement mieux que l’entreprise moyenne de son groupe de pairs du secteur mondial, même si les normes moyennes sont très faibles. 


Les mesures à faible émissions de carbone ne prennent en compte que les émission directes (types 1 et 2), et excluent les émissions des produits «en aval» (type 3). Par exemple, avec l’électricité au charbon, 99% des émissions sont faites en aval de l’extraction du charbon. Les compagnies d’extraction et de transport dans cette chaîne de production sont donc considérées «à faibles émissions carbone» par ces standards d’investissement. En 2016, quand l’UBC a initialement proposé le fond «à faibles émissions carbone», le fond était supposé inclure des compagnies comme Enbridge, Shell, ExxonMobil, Kinder Morgan. Ces compagnies ne sont clairement pas «à faibles émissions carbones», pour les raisons énoncées dans cette lettre. Toute stratégie financière institutionnelle qui ne parvient pas à expulser ces entreprises de ses investissements a fondamentalement échouée en tant que mesure climatique.


L’argument selon lequel l’engagement des actionnaires avec les sociétés de combustibles fossiles les conduira à une transition suffisante vers des alternatives propres n’a aucune crédibilité. Ces entreprises sont valorisées selon l’hypothèse où elles extrairont environ cinq fois plus de réserves de combustibles fossiles que ce que les scientifiques estiment être sécuritaire, et profitent ainsi sur le dépassement des limites de réchauffement de 2 ° C. Si nous voulons sauver notre planète d’un changement climatique catastrophique, les propriétaires d’actifs devront radier 20 billions de dollars d’actifs échoués. Surtout si l’on considère que les énergies renouvelables ne représentent que 1% des dépenses d’investissement des entreprises de combustibles fossiles, ce qui prouve qu’elles ne sont pas sérieuses en matière de transition. Il devient clair que le désinvestissement est la seule option raisonnable lorsqu’il s’agit de traiter avec ces entreprises.


Investissez dans l’avenir

Comme nous le savons tous, le moment présent est marqué par des crises croisées – une urgence climatique mondiale, une pandémie, une violence raciale et coloniale en cours et une récession mondiale imminente qui aggraverait les inégalités économiques et sociales existantes. Il a également montré que nos dirigeants doivent recourir à la mobilisation de ressources importantes telles que la PCU et les prestations d’assurance-emploi pour adéquatement faire face aux crises qui menacent le bien collectif.


Partout au Canada, les communautés ont appelé les dirigeants et les institutions à « Build Back Better » et à se lancer dans une juste reprise alors que nous émergeons collectivement de la COVID-19. Nous avons besoin de leaders à tous les niveaux pour travailler ensemble afin de nous faire avancer vers un avenir qui garantit la sûreté et la sécurité pour tous et qui centre la justice, l’équité et la souveraineté autochtone.


En allouant des capitaux à des projets communautaires locaux, tels que l’énergie propre, le logement abordable, les transports publics sûrs, les liens communautaires, les infrastructures et l’agriculture locale durable, les universités peuvent jouer un rôle en nous faisant passer d’une économie extractive à une économie juste et régénératrice – une économie qui fonctionne pour tous et soutient notre économie pour l’avenir. 


Conclusion

D’un point de vue financier, écologique et moral, il est indéniablement clair que la poursuite des investissements dans les combustibles fossiles est irréalisable et irrésponsable. L’industrie des combustibles fossiles est évaluée sur la supposition que les entreprises de combustibles fossiles brûleront leurs réserves à un rythme qui pousse notre planète bien au-delà des limites écologiques. Il est inacceptable et moralement répréhensible de soutenir une industrie qui met gravement en péril notre planète.


Nous appelons nos établissements d’enseignement à réfléchir à quel genre d’avenir ils nous façonnent. Ceci est l’occasion pour eux d’investir dans un avenir juste et durable pour leurs étudiants et de se désengager de ce statu quo injuste et insoutenable. Il n’est pas exagéré de dire que le sort de l’humanité réside dans les actions que nous prendrons maintenant.


Signé(e),

Climate Action Carleton/ of Carleton University 

Climate Justice Climatique uOttawa / of the University of Ottawa                

Divest Dal / of Dalhousie University                                     

Fossil Free Lakehead/ of Lakehead University                                      

Divest McGill/ of McGill University

Climate Action of the University of Alberta/ of the University of Alberta

Climate Justice UBC (formerly UBCc350) / of the University of British Columbia 

Fossil Free Guelph / of the University of Guelph                        

Divestment and Beyond, Leap U of T, The School of Environment / of the University of Toronto                                 

Divest Sheridan/ of Sheridan College                                          

SFU350/ of Simon Fraser University                                                             

UdeM Sans Pétrole/ of de Université de Montréal                          

Divest MTA/ of Mount Allison University 

Students for Direct Action/ of the University of Calgary

UTS Sustainability and Environmental Action Committee / of the University of Toronto Schools

Divest UVic / of the University of Victoria

Fossil Free Waterloo/ of the University of Waterloo 

Divest UWinnipeg  / of the University of Winnipeg 

Climate Crisis Coalition/ of Western University 


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Latest Signatures
738 Hayley Lessard University of Toronto Oct 27, 2020
737 Rachel Madill University of Ottawa Oct 27, 2020
736 Jess Cole University of ottawa Oct 27, 2020
735 Natalie Rolson University of Ottawa Oct 26, 2020
734 Natasha Babcock University of Ottawa Oct 26, 2020
733 Melanie Seabrook University of Toronto Oct 25, 2020
732 Ian Brown Father of student Oct 25, 2020
731 Rushi Ner Carleton University Oct 25, 2020
730 Zoe Zorn Queens university Oct 24, 2020
729 Adam Storey Lakehead University Oct 24, 2020
728 Beatrice Lowson University of Waterloo Oct 24, 2020
727 Marco-Antonio Hauwert Rueda McGill University Oct 24, 2020
726 Manuela Modrakova University of Guelph Oct 24, 2020
725 Marco Froelich McGill University Oct 24, 2020
724 Sarah Cui University of Waterloo Oct 24, 2020
723 Léa Monty Dawson College Oct 24, 2020
722 Hannah Guse Osgoode Hall Law School Oct 24, 2020
721 Kelly Tragash McGill University Oct 24, 2020
720 Claire Honda McGill University Oct 23, 2020
719 Jacy Newfeld University of Toronto Oct 23, 2020
718 Rory Mohle Norwell District Secondary School Oct 22, 2020
717 Courtney Siu University of Toronto Oct 21, 2020
716 Julia Lane Simon Fraser University Oct 21, 2020
715 Lian McMillan University of Toronto Oct 20, 2020
714 Martina Gjevori University of Toronto Oct 19, 2020
713 Coco Chen University of Toronto Oct 19, 2020
712 Jordana Kleiner University of Toronto Oct 19, 2020
711 Rachel Chen University of Toronto Oct 19, 2020
710 Karisa Bili University of Toronto, Alum Oct 19, 2020
709 Valeria Venturo University of Toronto Oct 19, 2020
708 Dana-Kaye Matthews University of Ottawa Oct 18, 2020
707 Carolina Munoz Jasa University of Ottawa Oct 18, 2020
706 Shailee Shah University of Ottawa Oct 18, 2020
705 Katherine Laundy McGill Oct 17, 2020
704 Nicole Parent Carleton University Oct 17, 2020
703 Gerardo Maldonado Jimenez Carleton University Oct 16, 2020
702 Daphné Gagnon-Fee Université de Montréal Oct 16, 2020
701 Holly Postema Oct 16, 2020
700 Julia Snow Carleton University Oct 16, 2020
699 Celina Isaacs University of Ottawa Oct 16, 2020
698 Laurence Danvoye Université de Montréal Oct 16, 2020
697 Michelle Arthur McGill University Oct 16, 2020
696 Amira Benjamin University of Ottawa Oct 16, 2020
695 Christine Li Carleton University Oct 16, 2020
694 Emily Wood Carleton University Oct 15, 2020
693 Lucy London Northwestern University Oct 15, 2020
692 Morgan Foster Carleton University Oct 15, 2020
691 Tsion Mamo Scripps College Oct 15, 2020
690 Claire Epstein University of Pennsylvania Oct 15, 2020
689 Claire MacKay-Dietrich Carleton University Oct 15, 2020

Latest Signatures
24 Sophie Berkowitz Trinity College Environmental Society Oct 09, 2020
23 Michelle Zhao Victoria University Students’ Administrative Council (VUSAC) Oct 06, 2020
22 Jenn Cross Mac Climate Advocates Sep 24, 2020
21 Nicole Lauzon Nipissing University Sep 22, 2020
20 Tess Casher Mount Allison University Sep 20, 2020
19 Cooper Price Fridays For Future Toronto Sep 18, 2020
18 Manvi Bhalla missINFORMED Sep 16, 2020
17 Manvi Bhalla Shake Up The Establishment Sep 16, 2020
16 Tamar Jungreis Leap Chapter UofT Sep 13, 2020
15 Zahur Ashrafuzzaman Divest McGill Sep 13, 2020
14 Sara Adams Climate Justice Ottawa Sep 11, 2020
13 Brianne Whyte For Our Kids Toronto Sep 09, 2020
12 Lyn Adamson ClimateFast Sep 09, 2020
11 Daniel Rosenbaum Canadian Climate Psychiatry Alliance Sep 09, 2020
10 Samuel Taylor Climate Action Carleton Sep 09, 2020
9 Iulia Zgreaban Justice, No Pipeline Sep 09, 2020
8 Dana Cachero Sustainabiliteens Sep 09, 2020
7 Lorraine Green GASP Grand(m)others Act to Save the Planet Sep 09, 2020
6 Dana Cachero Climate Strike Canada Sep 09, 2020
5 Airlie Downie-Back Friday’s for Future Whitby Sep 08, 2020
4 Julia Sampson Schoolstrike4climatehfx Sep 08, 2020
3 Aloīs Gallet EcoNova Education Sep 08, 2020
2 Kathleen Weary (CUSA President) Carleton University Students’ Association Sep 08, 2020
1 Mackenzie Harris Climate Justice Guelph Sep 08, 2020